Le chien, l’avenir de la Chasse

FACCC
29 juillet 2016

chasse Pecheur.comChien courant ou bien d’arrêt, chien d’ordre ou retriever, de sang ou encore de terrier, il reste celui par qui la chasse est possible, vivante, généreuse. Plus que l’auxiliaire du chasseur, le chien est au centre de l’acte de chasse et conditionne l’éventuel prélèvement.

 

Une place privilégiée

Le couple homme/chien est le fondement même de l’art cynégétique. Rappelons que « cynégétique » vient du grec kunes « chien » et agein « mener », littéralement « chasser en meute ». La domestication du chien se situe en France vers 8000 avant J.C. comme l’atteste la présence d’ossements canins sur les gisements français. Depuis le néolithique, le chien partage avec l’homme cette confrontation avec l’animal sauvage : la chasse. Cette place privilégiée auprès de l’homme est la reconnaissance évidente de capacités qui permettent au chien d’être le trait d’union entre l’homme et l’animal sauvage. Le chien rapproche l’homme de l’animal sauvage. C’est la fonction de tout animal domestique, direz-vous. Mais dans l’acte de chasse, il y a plus qu’un rapprochement, il y a rencontre. Le chien y joue le rôle de l’interface qui permet la connexion. Il permet à l’homme de dépasser la frontière de l’humain pour accéder au monde du sauvage.

BASSET HOUND BRUYERE

Sans le chien, la chasse se résume à donner la mort à l’animal sauvage dans un combat forcément inégal, l’homme disposant de moyens de plus en plus efficaces pour arriver à ses fins, à commencer par l’arme à feu. Dans nos sociétés, elle est d’ailleurs utilisée aussi bien contre l’animal sauvage que contre l’homme lui-même si bien que beaucoup font l’amalgame, aidés qu’ils sont par certains accoutrements guerriers de mauvais goût. La présence du chien auprès du chasseur empêche cet amalgame et fait réfuter l’idée que guerre et chasse participent de la même démarche.

 

BEAGLE DUOUn fort capital de sympathie

« Tout bon chasseur doit savoir chasser sans son chien » reste un exercice de diction mais ne doit en aucun cas être élevé au rang de maxime. Le chien apparaît au contraire comme l’éthique de la Chasse. Capable de mettre à disposition du chasseur ses formidables capacités olfactives, ses qualités physiques et son aptitude à communiquer avec son conducteur, il sait également faire preuve d’affection, de tendresse, et ceci peut-être plus que tout autre animal domestique.

Ne nous étonnons pas alors de l’attraction produite par le chien auprès des non chasseurs ou des chasseurs « en devenir », ceux-là même qui nous intéressent le plus. Pour s’en convaincre, il suffit de voir l’engouement suscité par des épreuves impliquant des chiens de chasse. Fields trials ou concours de meutes attirent chaque année un public nombreux souvent curieux dès lors que des chiens évoluent. Le succès d’une fête de la chasse est toujours assujetti aux nombreuses démonstrations impliquant des chiens et l’on se presse autour du ring lorsqu’il y a présentation de meutes.

De façon naturelle, l’homme et l’enfant sont attirés par le chien. Cet amour du chien est certainement inscrit dans nos gênes depuis le premier homme qui a tendu sa main vers le chien. Peut-être, plus ou mieux que tout autre animal domestiqué, le chien sait-il aussi se faire aimer de l’homme ?

 

Le rôle fédérateur du chien

Aujourd’hui, le mode de chasse attirant le plus de jeunes pratiquants est sans nul doute la vénerie et plus particulièrement la petite vénerie du lièvre et du lapin. Le fait que cette pratique réserve aux chiens le rôle principal n’est sans doute pas étranger à ce constat. Le chien apparaît ici comme l’élément fédérateur autour duquel hommes et femmes se rassemblent. Piqueux, boutons, suiveurs, unis dans le même projet, retrouvent solidarité et complicité autour de la meute. Il en va de même dans l’équipe de chasse à tir animée par l’équipage constitué des chiens de « la Diane » locale. Le développement du grand gibier, l’organisation de la chasse qui en ont découlé a fait se constituer à l’échelon communal ou dans chaque société de chasse des équipes de chasseurs. Inévitablement, c’est autour des chiens que se sont constitués ces groupes, chaque chasseur s’appropriant la meute pour commenter son travail, renseigner de l’attitude de chaque chien et honorer ceux sans qui la Chasse ne serait pas possible.

GRIFFON 4Dans un monde où l’individualisme est de mise, où l’on ignore son voisin, où les rapports humains tendent à disparaître, le chien rassemble autour de la chasse un corps social où hommes et femmes, faisant fi de leurs origines ou de leur niveau social, sont animés par la même passion.

 

Préparer la chasse de demain

La légitimité de la chasse passe de plus en plus par l’observation d’une éthique affirmée et rigoureuse. La présence du chien auprès du chasseur fait indéniablement partie de cette éthique. Si nous ne voulons pas être assimilés à des régulateurs de la faune sauvage, réduits à de simples gestionnaires de populations de gibier pléthoriques, il nous faut aujourd’hui justifier le plaisir, la beauté, la noblesse de l’acte de chasse. Cet objectif ne sera atteint que si le chien occupe bien la place qui lui revient.

 

logo FACCCBernard BANDERIER 

Fédération des Associations de Chasseurs aux Chiens Courants

www.faccc.fr

 

 

 

 

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